Licenciement pour absence injustifiée : comprendre et agir en tant qu’employeur ou salarié

Le licenciement pour absence injustifiée est un sujet délicat et complexe, qui concerne à la fois les employeurs et les salariés. Dans cet article, nous aborderons cette problématique sous différents angles, en vous proposant des conseils pratiques, des exemples concrets et des données chiffrées pour mieux comprendre les enjeux et agir de manière appropriée.

Le cadre légal du licenciement pour absence injustifiée

Tout d’abord, il est important de rappeler que le Code du travail encadre strictement les conditions de licenciement d’un salarié. L’employeur doit respecter certaines procédures et justifier d’une cause réelle et sérieuse pour pouvoir procéder au licenciement. Parmi les motifs pouvant être invoqués figure l’absence injustifiée, c’est-à-dire une absence non autorisée ou non justifiée par un motif valable.

Selon la jurisprudence, une absence est considérée comme injustifiée si elle résulte d’un refus délibéré du salarié de se présenter à son poste de travail sans motif légitime. En revanche, si l’absence est due à un événement imprévisible ou indépendant de la volonté du salarié (maladie, accident, etc.), elle ne peut être qualifiée d’injustifiée.

La procédure à suivre en cas d’absence injustifiée

En tant qu’employeur, si vous constatez une absence injustifiée de l’un de vos salariés, voici les étapes à suivre :

  1. Relancer le salarié : avant de prendre des mesures disciplinaires, il est recommandé de contacter le salarié concerné pour lui demander des explications sur son absence et lui rappeler ses obligations en matière de présence et de justificatifs d’absence.
  2. Envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception : si le salarié ne répond pas ou si ses explications sont insatisfaisantes, l’employeur doit lui adresser un courrier recommandé avec AR mettant en demeure de reprendre son poste et précisant les conséquences possibles en cas de non-respect (sanctions disciplinaires, licenciement).
  3. Organiser un entretien préalable au licenciement : si le salarié persiste dans son absence injustifiée malgré la mise en demeure, l’employeur peut engager la procédure de licenciement en convoquant le salarié à un entretien préalable. Cet entretien doit être organisé dans un délai minimum de 5 jours ouvrables après réception du courrier de convocation.
  4. Prononcer le licenciement : après l’entretien préalable, si les explications du salarié ne permettent pas de justifier son absence, l’employeur peut prononcer le licenciement pour faute grave ou lourde. Le licenciement doit être notifié par courrier recommandé avec AR et préciser les motifs de la décision.

En tant que salarié, si vous êtes confronté à une procédure de licenciement pour absence injustifiée, il est essentiel de conserver tous les documents et échanges relatifs à votre situation (courriers, mails, SMS, etc.) et de consulter un avocat spécialisé en droit du travail afin d’analyser votre dossier et de défendre vos droits.

L’indemnisation du licenciement pour absence injustifiée

En cas de licenciement pour absence injustifiée, le salarié ne bénéficie pas des mêmes indemnités qu’en cas de licenciement pour motif personnel ou économique. En effet, la faute grave ou lourde prive le salarié des indemnités suivantes :

  • L’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement
  • L’indemnité compensatrice de préavis
  • L’indemnité compensatrice de congés payés sur la période du préavis non effectuée

Toutefois, le salarié licencié pour absence injustifiée peut prétendre à l’indemnisation chômage, sous réserve d’avoir cotisé suffisamment et de remplir les conditions requises (recherche active d’emploi, inscription à Pôle emploi, etc.). Il est également possible de contester le caractère fautif du licenciement devant le conseil de prud’hommes, qui pourra éventuellement requalifier la faute grave en faute simple et accorder des indemnités au salarié.

Les conséquences sur l’emploi et les entreprises

Le licenciement pour absence injustifiée présente des conséquences négatives tant pour les salariés que pour les entreprises. Pour les salariés, il entraîne une perte d’emploi, une période de chômage et des difficultés à retrouver un poste. Pour les entreprises, il occasionne des coûts liés à la procédure de licenciement, au recrutement et à la formation d’un nouveau salarié, ainsi qu’une détérioration du climat social.

Selon une étude réalisée par l’Observatoire du dialogue social en 2018, les absences injustifiées représentent environ 1% des heures travaillées en France. Bien que ce chiffre puisse paraître faible, il est important de noter que les absences injustifiées ont un impact disproportionné sur l’organisation et la performance des entreprises.

Pour limiter les risques de licenciement pour absence injustifiée, il est essentiel de mettre en place une politique de gestion des absences claire et cohérente, incluant notamment :

  • La définition des règles en matière d’autorisation et de justification des absences
  • La sensibilisation et la formation des managers aux problèmes d’absentéisme
  • La mise en place d’un suivi régulier et individualisé des absences
  • Le recours à des dispositifs de prévention et d’accompagnement (télétravail, aménagement du temps de travail, soutien psychologique, etc.)

En adoptant une approche proactive et responsable en matière de gestion des absences, les employeurs et les salariés peuvent éviter les situations conflictuelles liées au licenciement pour absence injustifiée et contribuer à la performance et au bien-être au travail.